Logo Région académique Ile-de-France - académie de CréteilÉducation artistique et culturelle de l’académie de Créteil

École : les voix de l’optimisme

04 / 05 / 2016

Photographie de l’affiche du colloqueLe lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen et le lycée Le Corbusier d’Aubervilliers se sont associés pour organiser ce colloque.
Pourquoi ? Les préjugés sur l’école, sur la banlieue sont nombreux, ne parlons pas de ceux sur les jeunes de banlieue à l’école ! Serions-nous tous condamnés au repli sur soi, aux assignations identitaires, à l’incompréhension réciproque et à l’impossibilité de partager des valeurs communes ? Comment vivre ensemble alors ?

Ce sont ces voix de l’optimisme que ce colloque donnait à entendre.
Quelles démarches pouvons-nous mettre en œuvre ?

Extrait du programme. Voir description longueDes solutions peuvent s’élaborer par la déconstruction collective des préjugés que permettent les sciences humaines et par l’appropriation de la démarche de recherche, d’enquête. Ce travail sur les préjugés est une affaire autant collective qu’individuelle, car nous les véhiculons à notre insu.

Cette déconstruction suppose d’abord de pouvoir confronter les préjugés aux faits. C’est ainsi que Béatrice Gille, rectrice de l’académie de Créteil, chancelière des universités, a rappelé par exemple en ouverture du colloque qu’au classement IVAL, l’académie de Créteil est très bien représentée et que si l’on considère l’espoir pour un élève de 6e d’avoir son baccalauréat, il est de 75,3 %, ce qui place l’académie de Créteil en 4e position en France. Autre exemple, en 5 ans, l’académie a fait baisser de 5 points le décrochage scolaire… La manifestation ArtExpro, unique en France, permet de se rendre compte de la qualité des productions des élèves des lycées professionnels.

C’est ainsi que Fabien Truong, sociologue, nous a montré que les jeunes en banlieue ne sont pas des jeunes de banlieue : les fantasmes ne résistent pas à l’enquête sur le terrain ; Alexandra de Montaigne, professeure au collège Iqbal Masih de Saint-Denis, nous a parlé de son bonheur d’enseigner en REP+ : la banlieue n’est pas une « no go zone » mais une « place to be ».

Ce travail commun suppose également de faire un pas de côté pour examiner nos propres convictions et les raisons pour lesquelles nous les affirmons. Ce pas de côté, les sciences de l’homme permettent de le faire. C’est ainsi que Jean-Loïc Le Quellec, anthropologue, nous a montré que pour dépasser l’ethnocentrisme, le seul chemin possible est celui de l’anthropologie, qui nous propose un décentrement de nos propres croyances, de notre propre discours sur le monde et permet un enseignement laïc des cultures.

Cécile Veillard et Sophie Mazet, professeures au lycée Auguste Blanqui, adoptent également la pédagogie du pas de côté, des chemins de traverse pour enseigner la laïcité entendue comme la condition de possibilité du vivre ensemble dans le respect de chacun. Cécile Veillard par le biais de son atelier en partenariat avec l’association Ethno’art, a sollicité l’ethnologie pour travailler avec les élèves sur les questions de parenté, de langage, de pouvoir, de religion, de migration et les faire réfléchir sur leurs propres convictions initiales. Sophie Mazet, quant à elle, fait réfléchir ses élèves sur l’implication des lobbys religieux dans la lutte contre l’avortement et dans les programmes scolaires aux USA. Ce décentrement amène les élèves à parler plus sereinement de la laïcité en France.

Les intervenants debout à l’estrade dans la salle du lycéeLa déconstruction est d’autant plus effective qu’elle se renforce par l’appropriation par les élèves de la démarche d’enquête, partant du principe que les sciences de l’homme permettent d’apprendre à se connaitre pour vivre ensemble. C’est le sens de l’enquête sur le choix du partenaire idéal faite par l’équipe du projet Thélème du lycée Le Corbusier d’Aubervilliers – enseignants, élèves, soutenus par leurs chefs d’établissement- avec Christian Baudelot, sociologue, professeur émérite à l’ENS. L’enquête porte sur un corpus de 600 réponses des lycéens à la question « Quelles sont les trois qualités que doit avoir le partenaire idéal ? ». Si l’on compare les résultats à d’autres enquêtes faites à d’autres endroits du territoire, on se rend compte qu’ils sont très similaires et qu’encore une fois, les jeunes de banlieue ne correspondent pas aux clichés véhiculés sur eux. Les résultats de cette enquête seront à nouveau présentés dans le cadre plus large d’un colloque intitulé : Pour le meilleur et pour le dire.
Il se déroulera cette fois-ci au lycée Le Corbusier le 21 mai 2016 de 9 h à 16 h (voir ci-dessous).

C’est aussi cette mise en réflexion des élèves que veut obtenir Marlène Guinier, proviseure du lycée Auguste Blanqui, en faisant intervenir dans l’établissement Judith Cohen-Solal, psychanalyste et Dominique Sopo, président de SOS Racisme (membres de l’association CoExist) qui présentaient leur programme d’action pour déconstruire les préjugés du face-à-face. C’est aussi le but de la compagnie Rocambole qui, par le biais du théâtre-forum et de l’exercice de l’improvisation, permet par la théâtralisation une analyse et une réflexion des relations à l’école.

Un film sera bientôt en ligne sur le site de L’Anthropologie pour tous, on y retrouvera des extraits du colloque du 15 avril.

Colloque Pour le meilleur et pour le dire

L’enquête sur le choix du partenaire idéal présentée par Christian Baudelot, Jean-Loïc Le Quellec et les élèves du projet Thélème du lycée Le Corbusier sera à nouveau exposée dans le cadre plus large d’un colloque intitulé : Pour le meilleur et pour le dire.
Il se déroulera au lycée Le Corbusier le 21 mai 2016 de 9 h à 16 h.

Les inscriptions se font à l’adresse projet-theleme.wixsite.com/lanthropopourtous.

Pourquoi enquêter sur l’amour et le choix du partenaire idéal auprès des lycéens de la Seine-Saint-Denis ?

Visuel du colloqueParce que cette question concerne les adolescents, et parce qu’ils ont des choses à dire là-dessus. Parce que leurs réponses sont révélatrices de leurs attitudes et de leurs opinions sur les relations entre hommes et femmes, sur la nature des affinités électives, sur la répartition des rôles et la différence des statuts.

Plus généralement, ces réponses nous éclairent sur les qualités que les jeunes d’aujourd’hui trouvent les plus importantes pour faire société.

Il y a plusieurs façons d’aimer et plusieurs façons de concevoir les relations à l’intérieur du couple. Il y a des différences et surtout beaucoup de similitudes entre la jeunesse de la Seine-Saint-Denis et ses contemporains. Quelles sont-elles ? Comment les expliquer ? Que nous apprennent-elles sur les représentations de cette jeunesse, et comment nous permettent-elles d’élucider nos propres idées reçues à son endroit ?

Cette enquête sociologique vise aussi à déconstruire un certain nombre de préjugés sur les habitants de cette banlieue mal connue aux mœurs fantasmées.

Pour vivre ensemble, il faut se comprendre. Pour se comprendre, il faut se connaitre.
Écoutons les savants, spécialistes de ces questions et discutons ensemble !

Programme du matin :

  • Florence Dupont : Sexualité antique : identité ou indifférence ?
  • Béate Collet et Emmanuelle Santelli : Le choix du cœur, le poids des origines
  • Colin Giraud : L’homosexualité : une affaire de lieux ?

Programme de l’après-midi :

  • Table ronde avec Christian Baudelot, Jean-Loïc Le Quellec, Fabien Truong et les élèves du projet Thélème : À la recherche du partenaire idéal # 2 : exposé des résultats de l’enquête étendue à plusieurs lycées en Seine-Saint-Denis.
  • Un an après le colloque du 6 juin 2015, fêtons la sortie du livre : Comment vivre ensemble quand on ne vit pas pareil ? avec Marianne Zuzula des éditions La ville brûle, et les membres de L’Anthropologie pour tous.
    Pour plus d’information sur cet ouvrage, voici sa présentation (PDF, 190 Ko)

NB : le projet Thélème du lycée Le Corbusier à Aubervilliers est un projet culturel à visée éducative. Il est soutenu depuis deux ans par la DAAC du rectorat de Créteil. L’atelier de M. Veillard du lycée Auguste Blanqui à Saint-Ouen, en partenariat avec l’association Ethno’art, est également soutenu par la DAAC cette année.

 
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